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Comportement sur la route

Voici un rappel des règles de comportement sur la route que tout cycliste devrait adopter, au Québec. Le Code de la sécurité routière (ci-après le CSR) est une loi et, comme pour toute loi, nul n’est supposé l’ignorer.

Quelques définitions

Pour bien comprendre le CSR, il importe de préciser certains termes afin de savoir de quoi il est question.

Quelques définitions

Pour bien comprendre le CSR, il importe de préciser certains termes afin de savoir de quoi il est question.

  • Chaussée

    Espace de circulation des véhicules balisé, en général, par une ligne continue blanche de chaque côté.

  • Voie

    Espace de circulation à l’intérieur de la chaussée où doit circuler le véhicule, balisé par une ligne pleine ou discontinue à gauche, généralement jaune, et une ligne pleine ou discontinue à droite, jaune ou blanche.

  • Accotement

    Espace, pavé ou non, en bordure de route, à la droite de la chaussée, où la circulation automobile est interdite mais où les vélos sont autorisés.

Par ces définitions, on peut comprendre que lorsqu’il est question de la droite de la chaussée, ce n’est PAS l’accotement, mais bien à l’intérieur de la voie la plus à droite de la chaussée.

Les principaux articles du CSR

Les éléments suivants doivent être connus de tous, cyclistes ou non.

Les principaux articles du CSR

Les éléments suivants doivent être connus de tous, cyclistes ou non.

Circuler à droite de la chaussée

Le cycliste doit circuler à la droite de la chaussée. Il peut se garder un espace de sécurité pour pouvoir manœuvrer sans mettre sa vie en danger, afin d’éviter les débris, les trous et autres obstacles.

Par convention, on peut considérer normal de garder jusqu’à 50 cm d’espace entre la roue et la bordure de la chaussée.

Il est interdit de circuler à contresens en tout temps, sauf s’il y a une signalisation qui le permet explicitement.

Circuler un derrière l’autre, en ligne

Les cyclistes circulant en groupe doivent rouler à la file indienne, l’un derrière l’autre. Il est interdit de circuler l’un à côté de l’autre, sauf au moment de faire un dépassement ou un relais. Lors d’un relais, le cycliste qui se laisse descendre ne doit jamais se maintenir à la vitesse de ceux qui le dépassent, il doit effectuer la manœuvre rapidement.

Un groupe de 15 cyclistes maximum

Un groupe de cyclistes ne peut être que de 15 cyclistes ou moins. C’est le nombre total de cyclistes par groupe, en incluant les accompagnateurs, encadreurs, entraîneurs et autres.

L’idéal est de limiter la taille du groupe à un maximum de 10 cyclistes pour pouvoir absorber un cycliste qui n’aurait pas pu suivre un groupe plus rapide et pour faciliter le dépassement des automobilistes pour qui un groupe de 15 cyclistes représente un véhicule aussi long que 3 autobus qui se suivraient de près.

Plus le groupe est petit, plus il est sécuritaire dans un contexte de circulation mixte.

Respect de la signalisation

Les cyclistes sont tenus (lire “obligés”) de respecter la signalisation routière, ce qui inclut, sans se limiter à cette liste:

  • les arrêts
  • les feux de circulation
  • les détours
  • les feux d’autobus scolaire
  • la priorité des autobus de transport en commun
  • l’interdiction de virage à droite sur feu rouge.

Il n’y a pas, en théorie, de limite de vitesse pour les vélos mus uniquement par la force humaine (donc sans assistance) sur la voie publique. Ceci étant dit, il sera téméraire d’excéder la limite de vitesse là où elle a été réduite pour les véhicules (zones de 30 km/h, par exemple) pour des raisons de sécurité et d’enjeux de cohabitation avec les autres usagers.

Sur certaines pistes multifonctionnelles, toutefois, il y a des limites de vitesse. Par exemple, le Corridor des Chemineaux, à Québec, limite la vitesse à 35 km/h.

Virage à gauche, l’exception à la règle

Pour effectuer un virage à gauche, un cycliste peut se placer à gauche de la voie pour effectuer la manœuvre s’il est sécuritaire de le faire.

Rouler en groupe

Nos sorties de club se font en groupes. Ceci implique donc de respecter certaines règles qui vont au-delà des bases du CSR.

Rouler en groupe

Nos sorties de club se font en groupes. Ceci implique donc de respecter certaines règles qui vont au-delà des bases du CSR.

Groupes de vitesse

Chaque groupe est désigné par une plage de vitesse envisagée, mais non obligatoire.

Par exemple, un groupe de 27-29 km/h devrait, dans des conditions normales, revenir au bercail avec une vitesse moyenne au compteur pour le trajet entier variant dans cette plage. Toutefois, ce chiffre est strictement à titre indicatif et n’oblige en rien. Si le groupe décide de ralentir, c’est tout à fait correct.

Par contre, il faut l’accord du groupe au complet si celui-ci décide d’aller au-delà de la vitesse indiquée. Les cyclistes ont cette fâcheuse manie de se surestimer et ont souvent tendance à ne pas respecter leurs limites de capacité, ce qui peut finir par mettre en danger l’ensemble du groupe.

Rouler à la file indienne

Les cyclistes doivent rouler à la file indienne à la droite de la voix de droite. Entre chaque cycliste, on veillera à garder une distance sécuritaire permettant de se sortir d’une situation soudaine sans toutefois créer un écart trop grand. En général, lorsqu’il fait beau, on conserve environ 1 m entre chaque vélo. S’il pleut, on gardera 2 m.

Nous ne sommes pas dans une course du World Tour UCI !

Gardez vos exploits de coureurs, à rouler à 2 cm l’un de l’autre, pour les courses officielles ou lors de vos entraînements de coureurs. Les sorties du club ne sont pas faites pour ça, on veut la sécurité de tous, en tout temps.

Relais sur la route

À moins d’une situation exceptionnelle d’enjeu de sécurité, habituellement, les cyclistes font des relais dans le groupe. Il est important de respecter ces règles:

  • Signaler le relais

    Le cycliste qui fait son relais signale son intention (lever le coude quelques fois, ou faire un signe de la main).

  • Accélérer légèrement pour se dégager du cycliste qui suit

    En accélérant après avoir signalé, il permet au cycliste qui suit de voir ce qui se passe devant lui et de dégager les roues si les deux vélos sont très près.

  • Se déplacer sur la droite

    Les relais se font par la droite. Le groupe dépasse le cycliste par la gauche, comme le feraient les véhicules. Le but est que le groupe protège le cycliste qui fait son relais.

  • Se laisser descendre rapidement

    Le cycliste doit se laisser descendre pour diminuer le temps de dépassement au maximum. Il faut garder en tête que durant un relais, le groupe occupe beaucoup plus d’espace sur la route et est à risque d’un incident.

  • Indiquer la fin de la file

    L’avant-dernier cycliste du groupe indique sa position à celui qui se laisse descendre en criant “avant-dernier”. Le dernier cycliste du groupe indique sa position en criant “dernier”. Lorsque le cycliste faisant le relais entend ça, il doit se préparer à accélérer pour se placer rapidement derrière le dernier sans se laisser distancer. Parfois l’effort peut être grand pour garder le rythme.

  • Le nouveau premier cycliste ne doit pas accélérer

    Il est important que lors d’un relais, celui qui devient le leader conserve la vitesse la plus constante possible. Ce n’est que lorsque le relais est complété que la vitesse peut varier, en respect du groupe.

Quand un groupe en dépasse un autre

La manœuvre de dépassement est toujours risquée. Lorsqu’un groupe doit en dépasser un autre, c’est encore plus risqué que s’il s’agit d’un seul cycliste qui en dépasse un autre. Durant le dépassement, on peut se retrouver jusqu’à 30 cyclistes, côte à côte sur deux lignes, ce qui, selon le CSR, serait normalement formellement interdit.

Alors quoi faire lorsque la situation le demande?

  • L’encadreur du groupe en arrière avise son groupe qu’il va partir pour signaler le dépassement au groupe d’en avant.

  • L’encadreur accélère pour aller rejoindre l’autre groupe.

  • Pendant ce temps, le groupe en arrière garde sa vitesse, n’accélère pas.

  • L’encadreur avise l’autre groupe du dépassement imminent. Il peut aviser chacun, ou aviser l’encadreur de l’autre groupe, selon la situation.

  • L’encadreur dépasse le premier groupe et garde une certaine distance, suffisante pour que son groupe puisse le rejoindre. Il garde une vitesse atteignable.

  • Le groupe d’en avant ralentit de 3 à 5 km/h pour se faire dépasser. Aucun relais durant ce temps.

  • Si possible, le groupe d’en avant peut même s’immobiliser si l’endroit est propice.

    En cas d’arrêt du groupe, celui-ci doit impérativement dégager la voie le plus possible.

  • Le second groupe dépasse le premier groupe et va rejoindre son encadreur.

  • Le groupe venant de se faire dépasser reprend sa vitesse (ou repart, s’il était arrêté.)

Note: On effectue un dépassement que si c’est nécessaire. On peut se calmer et garder une distance avec le groupe d’en avant, le temps de se rendre au prochain ravitaillement ou à une intersection où le dépassement peut se faire plus naturellement.

Que faire à un feu rouge ou un arrêt?

Lorsque le groupe arrive à un arrêt obligatoire, tout le groupe doit s’arrêter.

Selon le CSR, chaque cycliste devrait repartir, individuellement, en alternance avec les autres usagers de la route.

En pratique, ceci est difficilement applicable. Alors à une intersection, si le groupe est gros et qu’il y a beaucoup de véhicules à l’intersection, on partira deux à quatre cyclistes à la fois, en alternance avec les automobilistes. (En général, les automobilistes laissent passer le groupe au complet, mais rien ne les oblige à être aussi gentils.) S’il n’y a qu’un ou deux véhicules à l’intersection, on les laisse passer avant de repartir en groupe.

Il est interdit de passer sur un arrêt sans s’arrêter!

Au feu rouge, tout le monde s’arrête et on essaye autant que possible de faire un groupe compact en demeurant en ligne. On se tient prêt à repartir aussitôt que le feu passe au vert.

Si le feu est jaune, on se prépare à s’arrêter. Il est pratiquement impossible de réussir à faire passer un groupe complet sur un feu jaune.

Si le feu change au rouge alors que le groupe est déjà engagé, si certains n’ont pas encore atteint la ligne d’arrêt, ils doivent s’arrêter. Les cyclistes qui auront pu passer devront alors ralentir ou s’arrêter pour attendre ceux qui n’auront pas réussi à passer.

Il est interdit de “forcer” un feu rouge, sous prétexte de ne pas vouloir se séparer du groupe. C’est au groupe d’attendre, et non le contraire.

En cas d’incident ou d’accident

La règle d’or, c’est de garder son calme. Selon la situation et les conditions, voici quelques règles.

En cas d’incident ou d’accident

La règle d’or, c’est de garder son calme. Selon la situation et les conditions, voici quelques règles.

Accident sévère

  • En cas d’accident sévère (chute, impact avec un autre cycliste ou un véhicule, impact avec un objet, etc.), le groupe s’arrête immédiatement pour porter secours. Une ou deux personnes du groupe restent derrière pour assurer une certaine sécurité (indiquer aux véhicules de ralentir.)
  • En cas de chute, le cycliste par terre devra être évalué par un secouriste ou l’encadreur afin de voir s’il peut reprendre la route.
  • Si le casque a touché au sol, si la tête a frappé le sol, le cycliste est invité à se faire transporter en véhicule et ne peut pas reprendre la route à vélo avant d’avoir été évalué par du personnel médical.
  • Si la personne est blessée, inconsciente, s’il y a saignement important, fracture ou autre, on appelle immédiatement les secours (9-1-1) pour obtenir un transport en ambulance ou une évaluation par les paramédicaux.

Incident technique, crevaison

  • En cas d’incident technique ou crevaison, le groupe s’arrête et libère la voie le plus possible.
  • Une personne reste derrière pour assurer une certaine sécurité.
  • Une autre personne s’assure que personne ne se trouve inutilement sur la chaussée, dans la voie.
  • Le cycliste effectue sa réparation. Il peut être assisté d’autres cyclistes.
  • Lorsque la réparation est faite, le groupe repart, ensemble, de manière sécuritaire en partant à la file indienne, et non en “électrons libres”.

Références

Il y a deux choses que tout usager de la route devrait lire au moins une fois dans sa vie:

  • Sa police d’assurance
  • Le Code de la sécurité routière.

Voici où trouver le Code de la sécurité routière:

https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/C-24.2

Un autre site, très important à consulter, à lire, à visionner, à apprendre par cœur, c’est celui de la SAAQ dans la section “À vélo”. Ce site illustre de très belle façon ce qui est permis, ce qui est interdit et comment effectuer légalement les manœuvres sur la route.

https://saaq.gouv.qc.ca/securite-routiere/moyens-deplacement/velo